Lune éclose dans la nuit noire
Métamorphose dans le miroir
Bercée par le firmament, plus bas que terre
Sa lumière m’éclaire, chassant mes tourments
Perdue, je m’endors, perdue dans ce corps
Tel un emprunt, ce n’est pas le mien
Dors et rêve encore, pour conjurer le
sort
Ce carcan de chair m’étouffe à tort
Si le songe se prolonge, bravant ce qui me ronge
Par mes couleurs, j’arborerai mon cœur
Dans la soie
« Je » suis là
Cette ultime citadelle me sublime et me révèle
Plus qu’un pas jusqu’au ciel, délie-moi, déploie mes ailes
Apprêtée de radiance, réveillée, j’ouvre la danse
Vers l’éther, je m’élance, prête à refaire ma connaissance
Gravier, prison de ciment… Je m’en libère
Dans les airs, légère, portée par le vent
Plus haut, pour éclore plus haut et plus fort
Loin du déclin, ruelles et souterrains
Vole et brille, luciole, et jamais ne t’étiole
Laisse l’aurore te ceindre de ton auréole
Les étoiles me dévoilent, nymphe intersidérale
Pour mon amour, je pars sans retour
Ma Lune, mon égide, abreuve-moi de ton éclat
Affranchie de ma chrysalide, je fendrai les cieux jusqu’à toi
Souvenirs trop cruels se déchirent, fanent et ruissellent
Sous l’orage, renouvelle mon image à l’aquarelle
Enfiévrée, déferlante, je renais dans la tourmente
Persévère, réinvente, je suis l’éclair, la conquérante
Pour ne plus jamais avoir à mentir à mon reflet
Pour enfin devenir le papillon que j’espérais
J’irai ad astra
Pour ne plus jamais avoir à mentir à mon reflet
Pour chaque chenille qui s’avoue vaincue et disparaît
Per aspera
Belle-de-nuit éternelle, j'ai fleuri sous l’arc-en-ciel
Lune et flamme, fières et belles ; entre nos trames, une étincelle…
